Outils de marketing automation comparés : ce que chaque plan gratuit donne vraiment
Vous comparez les outils de marketing automation sur la seule chose qui tranche vraiment : l’endroit précis où le plan gratuit s’arrête, et ce que coûte la marche d’après. Les quatre plateformes ci-dessous sont classées sur cette base, avec les limites relevées sur les pages officielles des éditeurs.
| Outil | Ce que donne le plan gratuit | La limite exacte qui l’arrête | Ce qu’il vise |
|---|---|---|---|
| Brevo | 300 emails par jour, jusqu’à 100 000 contacts stockés | 2 000 contacts uniques admis dans les automations actives | PME francophone avec une base large et un rythme d’envoi modéré |
| Mailchimp | 250 contacts, 500 envois par mois | 250 contacts, et 250 envois par jour au maximum | Newsletter d’une très petite base |
| Klaviyo | 250 profils actifs, 500 emails par mois | 250 profils actifs | Boutique en ligne, en phase de test |
| HubSpot | Marketing Hub gratuit à l’entrée | Le palier suivant, Starter, démarre à 7 €/mois pour 1 000 contacts marketing | Structure qui veut son CRM et son marketing au même endroit |

Deux autres noms circulent beaucoup sur ce sujet et méritent d’être connus : ActiveCampaign, positionnée sur l’automatisation avancée à budget intermédiaire, et Plezi, éditeur français orienté B2B. Ils reviennent plus bas, dans la sélection par profil.
Le marketing automation est une technologie qui déclenche des actions marketing à partir du comportement de vos contacts, au lieu de vous les faire exécuter une par une.
Le principe tient en une phrase : vous décrivez une fois la réaction attendue, la plateforme la rejoue à chaque fois que la condition se présente. Automatiser, ici, ne veut donc pas dire envoyer plus, mais envoyer au bon moment sans y penser.
Concrètement, ces plateformes fonctionnent par workflows prédéfinis. Une inscription à la newsletter, une ouverture d’email, un achat ou trois mois d’inactivité servent de déclencheur, et la séquence part seule. C’est toute la différence avec l’email marketing classique, où c’est vous qui appuyez sur le bouton, au moment où vous y pensez.
Une plateforme de marketing automation gratuite reste une plateforme bridée, et le bridage ne porte jamais sur la même chose d’un éditeur à l’autre. Chez Brevo, c’est le rythme quotidien. Chez Mailchimp et Klaviyo, c’est la taille de la base.
Il n’existe donc pas de classement absolu désignant les meilleurs outils du marché : il y a celui dont la limite tombe le plus loin de votre situation réelle.
Combien coûte un outil de marketing automation quand le gratuit ne suffit plus ?
C’est la question que personne ne pose avant de s’inscrire, et celle qui coûte cher six mois plus tard. Le tableau ci-dessous met côte à côte les deux grilles publiques les plus consultées, y compris les frais d’installation que les pages de comparaison oublient systématiquement. Les tarifs Mailchimp sont ceux du palier 0 à 500 contacts.
| Palier | HubSpot | Mailchimp | Frais d’onboarding obligatoires |
|---|---|---|---|
| Entrée | Marketing Hub gratuit | Plan gratuit, 250 contacts | Aucun |
| Starter / Essentials | 7 €/mois, 1 000 contacts marketing | 13 $/mois | Aucun |
| Pro / Standard | 792 €/mois, 2 000 contacts, 3 licences | 20 $/mois | 2 930 € chez HubSpot |
| Enterprise / Premium | 3 300 €/mois, 10 000 contacts, 5 licences | 350 $/mois | 6 830 € chez HubSpot |
Sources : HubSpot et Mailchimp.
La falaise est dans la troisième ligne : passer du Starter au Pro chez HubSpot, c’est passer de 7 € à 792 € par mois, plus 2 930 € d’onboarding facturés une fois et non négociables. Aucune page de comparatif francophone ne mentionne ce second montant, alors qu’il représente à lui seul près de quatre mois d’abonnement.
La mécanique de facturation explique le reste. Un logiciel de marketing automation ne vous facture ni au temps passé ni au nombre de scénarios : il facture au contact stocké ou au contact actif. Autrement dit, votre facture suit la taille de votre base, pas votre usage. Une base de 900 adresses inexploitées coûte le même prix qu’une base de 900 acheteurs.
Cela change la priorité du premier trimestre : avant de payer pour plus de volume, il vaut mieux construire une base d’emails propre et supprimer les contacts morts. C’est le seul levier qui fait baisser une facture indexée sur le stockage.
Rapportés à un budget marketing digital au Maroc, 7 €/mois se noient dans la ligne outils. 792 €/mois plus l’onboarding deviennent un arbitrage de direction, à comparer avec le coût d’une personne qui envoie les emails à la main.
Quel outil pour quel profil : PME généraliste, e-commerce, B2B
La question n’est pas de savoir quelle solution de marketing automation a le plus de fonctions, mais laquelle correspond à votre façon de vendre. Trois profils couvrent l’essentiel des situations rencontrées ici.
| Profil | Outils retenus | Pourquoi |
|---|---|---|
| PME généraliste francophone | Brevo | Le gratuit tient tant que le rythme reste sous 300 emails par jour, quelle que soit la taille de la base |
| E-commerce | Klaviyo | Conçu autour du panier et du cycle d’achat, mais son gratuit est un essai |
| B2B | Plezi, ActiveCampaign | Cycle long et décision collective : l’effort porte sur le nurturing, pas sur le déclencheur d’achat |
| Entreprise déjà équipée d’un CRM lourd | HubSpot | Tout au même endroit, à condition d’assumer la marche à 792 €/mois |
Pour une PME généraliste, Brevo reste le meilleur outil de marketing automation gratuit accessible en français, parce que la contrainte y porte sur le rythme et non sur le nombre : 300 emails par jour et jusqu’à 100 000 contacts stockés, avec un plafond de 2 000 contacts uniques dans les automations actives.
Une base de 5 000 adresses tient donc en stockage, mais pas en scénario.
Pour une boutique, Klaviyo est l’option spécialisée. Son plan gratuit est en revanche limité à 250 profils actifs et 500 envois par mois : de quoi tester des séquences de panier abandonné, pas de quoi faire tourner une activité. Si vous vendez déjà en ligne, comptez l’abonnement dans le coût d’acquisition dès le départ, comme n’importe quelle autre dépense d’e-commerce au Maroc.
En B2B, le cycle de vente est plus long et la décision se prend à plusieurs. L’automatisation y sert moins à déclencher l’achat qu’à entretenir la relation pendant les mois où rien ne bouge, avec une personnalisation par compte plutôt que par individu.
Plezi, éditeur français, s’est positionné exactement sur ce terrain. Le reste de la logique est développé dans notre guide du marketing digital B2B.
Reste le cas de l’entreprise déjà équipée d’un CRM structurant. HubSpot devient cohérent, à une condition : avoir regardé la marche du palier Pro avant de signer, pas après.
Au Maroc, la loi 09-08 est un critère de sélection avant d’être une formalité
Aucune page francophone sur ce sujet n’applique ce filtre, et c’est pourtant lui qui devrait éliminer la moitié d’une shortlist. La CNDP est explicite sur trois points.
- Les données collectées par un site web ne peuvent servir à de la prospection directe que si l’internaute a exprimé son consentement préalable au moment de la collecte.
- Chaque message de prospection doit porter un numéro de téléphone, une adresse email ou un autre moyen de se désinscrire, et l’opposition est gratuite pour la personne qui la demande.
- Tout responsable de site qui collecte et traite des données personnelles est tenu par la loi 09-08 de notifier ce traitement à la CNDP.
Traduit en questions à poser à un éditeur avant de signer, cela donne trois vérifications concrètes.
Est-ce que la plateforme enregistre la preuve du consentement au moment exact de la capture, avec sa date et son support ? Est-ce que le désabonnement fonctionne sur tous les canaux qu’elle envoie, y compris le SMS ? Est-ce qu’elle exporte la base et ses finalités de traitement dans un format présentable, le jour où la déclaration doit être constituée ?
Les prospects collectés sur un formulaire d’aimant à leads sont les plus exposés : la case à cocher est souvent absente, et la preuve avec elle. Un outil marketing ne vous met jamais en conformité tout seul, mais un outil qui ne journalise pas le consentement vous empêche de démontrer la vôtre.
La loi 09-08 a été promulguée le 18 février 2009 et publiée au Bulletin Officiel n° 5714.
Les critères qui comptent avant de signer : CRM, workflows, prise en main
L’intégration au CRM décide si l’outil sert ou s’il dort. Tant que les fiches vivent d’un côté et les envois de l’autre, personne ne sait quel message a précédé quelle vente, et l’automatisation marketing se réduit à une newsletter programmée. Le branchement au CRM est le point à vérifier en premier, avant même de comparer les fonctionnalités annoncées sur les pages produit.
La segmentation et le ciblage sont le carburant de tout le reste : sans découpage utile de la base, vos campagnes marketing automatisées envoient le même message à tout le monde, simplement plus vite. L’analyse prédictive mise en avant par les éditeurs arrive bien après ce socle, pas avant.
Peut-on automatiser sans équipe technique ? Oui pour les premiers scénarios, qui se construisent dans une interface visuelle, par glisser-déposer, sans une ligne de code. La compétence technique redevient nécessaire à deux endroits précis : le branchement au CRM ou à la boutique, et le suivi des conversions jusqu’à la vente.
Un outil de marketing automation bien pris en main par une seule personne vaut mieux qu’un logiciel complet que personne n’ouvre.
Le marketing automation permet aussi de récupérer du temps mesurable, à condition de choisir un outil dont l’interface correspond au niveau réel de la personne qui l’utilisera au quotidien. Testez-la vous-même pendant la période gratuite, sur un scénario que vous comptez vraiment lancer.
Les premiers scénarios à lancer, et dans quel ordre
Un premier scénario utile est un déclencheur simple, pas un arbre à quinze branches. L’erreur classique consiste à vouloir tout automatiser d’un coup et à dessiner le parcours complet avant d’avoir envoyé un seul message automatique. L’ordre ci-dessous va du plus rentable au plus fin.

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Bienvenue. Déclencheur : l’inscription. Deux ou trois messages qui présentent l’entreprise et posent une question. C’est le scénario le plus ouvert de toute votre base.
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Lead nurturing. Déclencheur : le comportement dans la séquence précédente. Les ouvertures et les clics orientent la suite des envois, ce qui suppose une séquence d’emails déjà écrite.
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Réengagement. Déclencheur : l’inactivité. Un client qui n’a rien acheté depuis plusieurs mois reçoit une offre ou un rappel produit, sur le même principe que le réengagement publicitaire.
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Post-achat. Déclencheur : la commande. Confirmation, conseil d’usage, puis proposition complémentaire, dans la logique de fidélisation après achat.
Automatiser les tâches répétitives commence donc par le bas de cette liste, pas par le haut. Les tâches répétitives qui coûtent le plus cher sont celles que vous refaites chaque semaine à l’identique, et ce sont précisément celles qu’un déclencheur simple absorbe. Vos workflows marketing peuvent se complexifier ensuite, une fois que les chiffres du premier scénario sont connus.
Si l’outil est choisi et que le blocage est le temps de construction, nous pouvons faire construire vos scénarios de génération de leads et les brancher sur votre base existante.
Ce que le marketing automation rapporte, et ce que le chiffre ne dit pas
Un seul chiffre circule sur ce sujet, et il mérite d’être donné avec sa date et son échantillon. Selon une analyse de 16 études de cas publiée par Nucleus Research en mars 2021, le marketing automation a rapporté 5,44 $ par dollar investi sur les trois premières années suivant le déploiement, avec un retour sur investissement en moins de six mois.
La même analyse relève une productivité des équipes marketing en hausse de 58 %, une génération de leads en hausse de 225 % et un taux d’ouverture des emails en hausse de 32 %.
Voici ce que le chiffre ne dit pas, et que les pages qui le citent omettent : ces études de cas n’avaient pas de groupe de contrôle. Elles montrent que le chiffre d’affaires a monté après le déploiement, pas que le déploiement l’a fait monter.
Les entreprises qui investissent dans une stratégie de marketing automation investissent en général ailleurs au même moment. Présenter 5,44 $ comme un rendement actuel, causal et garanti est une erreur, et la note date de 2021.
Ce qu’il faut mesurer à la place est plus modeste et plus utile : le coût par lead avant et après, le taux d’ouverture par scénario, le délai entre premier contact et première vente. Les indicateurs à suivre sont ceux de votre base, pas ceux d’une moyenne américaine.
Cette mesure est aussi ce qui rattache l’outil au reste de votre stratégie de marketing digital, au lieu d’en faire une dépense isolée.
Une stratégie marketing qui repose sur l’inbound marketing a d’autant plus besoin de ces repères que le retour y est différé de plusieurs mois. Avant de confier quoi que ce soit à l’un des outils de marketing automation comparés plus haut, notez vos chiffres actuels : sans point de départ, aucun gain ne sera démontrable.
Vos questions sur le choix d’un outil de marketing automation
Quel est le meilleur outil de marketing automation gratuit ?
Pour une PME francophone, Brevo. C’est le seul dont le plan gratuit reste utilisable au-delà de quelques centaines de contacts, puisque la contrainte y est le rythme d’envoi et non la taille de la base : 300 emails par jour, jusqu’à 100 000 contacts stockés, et 2 000 contacts uniques admis dans les automations actives.
Combien coûte le logiciel de marketing automation de HubSpot ?
HubSpot Marketing Hub est gratuit à l’entrée, puis 7 €/mois en Starter pour 1 000 contacts marketing, 792 €/mois en Pro pour 2 000 contacts, et 3 300 €/mois en Enterprise pour 10 000 contacts. Les paliers Pro et Enterprise ajoutent des frais d’onboarding obligatoires de 2 930 € et 6 830 €, facturés une seule fois mais non négociables.
Existe-t-il des outils de marketing automation gratuits ?
Oui, mais leurs plans gratuits s’arrêtent à des seuils très différents. Brevo admet 2 000 contacts uniques dans ses automations actives, Mailchimp plafonne à 250 contacts et 500 envois par mois, et Klaviyo à 250 profils actifs et 500 envois par mois. Le mot gratuit recouvre donc des réalités qui vont du simple au décuple.
Quelle différence entre CRM et marketing automation ?
Un CRM stocke et historise la relation commerciale : qui est le contact, ce qu’il a acheté, qui lui a parlé. Le marketing automation déclenche des actions à partir de ces informations. Les deux se branchent l’un sur l’autre et ne se remplacent pas : un CRM sans automatisation reste un fichier, une automatisation sans CRM travaille à l’aveugle.
Faut-il avoir un CRM avant de se lancer dans le marketing automation ?
Non. Une base de contacts propre et un consentement traçable suffisent pour démarrer les premiers scénarios. Le CRM devient nécessaire quand plusieurs personnes suivent les mêmes prospects et qu’il faut savoir qui a fait quoi, ou quand le cycle de vente devient assez long pour qu’on ne s’en souvienne plus de tête.
Faut-il déclarer sa base de prospects à la CNDP ?
Oui. Tout responsable de site web qui collecte et traite des données personnelles est tenu par la loi 09-08 de notifier le traitement à la CNDP. Cette obligation porte sur le traitement lui-même, pas sur l’outil utilisé : changer de plateforme ne l’annule pas et n’en crée pas une nouvelle si le traitement déclaré reste le même.
Le marketing automation est-il réservé aux grandes entreprises ?
Non, et les plans gratuits existent précisément pour cette raison. Une entreprise de trois personnes avec 800 contacts peut automatiser une séquence de bienvenue et un scénario de réengagement sans rien payer. Ce sont les paliers hauts de HubSpot, à 792 €/mois et plus, qui s’adressent aux structures dotées d’une équipe dédiée.
Comparer des outils de marketing automation prend une heure, choisir sur le bon critère en prend trois, et se tromper de palier coûte plusieurs milliers de dirhams. Si vous voulez cadrer la mise en place avant de signer un abonnement, nous pouvons construire vos premiers scénarios de génération de leads sur votre base actuelle.
